Censure - Comment ça marche : l'exemple des StarAcademy chinoises

Publié le par Vuille

L'administration d'Etat chargée de la radio, du cinéma et de la télévision (Guojia Guangbo Dianying Dianshi Zongju) vient de publier de nouvelles directives pour juguler les émissions au cours desquelles les spectateurs élisent le meilleur participant, souvent chanteur (les "StarAcademy chinoises"). Une manière plus claire et précise de remettre au pas que l'autocensure habituelle. Pour vous donner le ton, voici la bouille de la vice-directrice de l'administration en question.

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Première mesure, réduction drastique du nombre. Chaque chaîne ne pourra avoir qu'une seule de ces émissions perverses par an, sa durée ne devra pas s'étendre sur plus de deux mois et dix émissions d'au maximum 90 minutes chacune, qui seront diffusées en dehors du "prime-time". En outre, et c'est CAPITAL, le direct de la finale sera transmis avec au moins une minute de retard "pour éviter tout problème", littéralement dans le texte.

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Deuxième mesure, réduction du contenu qui enflamme les foules. Les commentaires des juges, les sentiments du candidat et les épanchements de sa famille et de ses amis ne devront pas occuper plus de 20 % du temps d'antenne, et les chansons devront être à plus de 75 % chinoises.

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Troisième mesure, correction du look des candidats, qui devra être conforme à la notion d'esthétique du public (euh, ça veut dire quoa?). Un tri strict des candidats devra assurer qu'ils ont une bonne moralité (adieu Loana et Jean-Edouard) et qu'ils sont en bonne santé (un test du sida sera sans doute pratiqué comme pour les candidats à l'immigration en Chine).

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Suivent des exigences d'éthique, de moralité et de professionnalisme pour l'animateur, les juges et les invités, les participants étrangers devant être annoncés à et approuvés par l'administration.

Pour terminer, finis les votes par téléphone portable (tout comme par téléphone fixe ou par Internet) et l'immense manne que se faisaient les chaînes de télévision (4 millions de dollars rien que pour l'émission "Super Girl" de Hunan TV en 2005). C'est ma prof de chinois qui ne va pas être contente, elle qui claquait mensuellement en sms surtaxés quelques centaines de yuans pour voter pour son chanteur favori !

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