Y a pas que le pinyin dans la vie

Publié le par Vuille

vuilleblog a présenté le système du pinyin (translittération ou transcription des sons des idéogrammes chinois dans notre alphabet) comme méthode de recherche dans un dictionnaire, d’apprentissage pour un étranger et de saisie d'idéogrammes sur un téléphone portable ou sur un ordinateur. Fidèle à lui-même, vuilleblog a claironné un peu vite que le pinyin allait mettre en danger la langue chinoise et la culture chinoise elle-même. Grave erreur. En effet, les Chinois ont à disposition d’autres techniques pour saisir leurs idéogrammes avec un clavier.

Le Wubihua

Le Wubihua tout d’abord. Cette méthode de saisie de texte présente un triple avantage : pas besoin de connaître le pinyin et de se plier au diktat de claviers conçus pour et par des occidentaux (1), maintien du niveau de connaissance de l’écriture des idéogrammes car la saisie se fait en fonction des traits les composant (2) et réduction massive de la taille du clavier nécessaire (3). Ce dernier point (3) est le plus incroyable puisque seules 5 (cinq) touches sont nécessaires. IN-CRO-YA-BLE, mais que comment que les Chinois qu’ils font pour saisir des milliers de caractères avec 5 touches, là où nous, Occidentaux, avons besoin d’une touche par caractère ?

goldtouchkey1.jpg
Les cinq touches utilisées sont les chiffres 1 à 5 du clavier numérique. Le 1 correspond à un trait horizontal, le 2 à un trait vertical, le 3 à un trait tombant sur la gauche, le 4 à un trait tombant sur la droite et le 5 à un crochet au sens large du terme. Et le Chinois saisit simplement chaque trait du caractère souhaité (il est donc indispensable de savoir écrire un caractère dans l’ordre de ses traits).

Exemples parlants avec les chiffres 1 à 3 et le caractère feng1 (abondant) :

Image-4-copie-3.jpg
Les choses se compliquent toutefois lorsque plusieurs caractères commencent avec la même séquence de traits ou lorsque le caractère est composé de plus de cinq traits, ce qui est tout de même assez fréquent... En effet, l’utilisateur ne peut pas saisir plus de cinq traits composant un caractère. L'informatique vient alors à la rescousse en proposant de choisir (à l'aide de flèches, de la souris ou en frappant le chiffre correspondant) dans une liste de caractères. Ci-dessous le caractère zang4 (trésor) composant le mot XiZang (Tibet).

Image-5-copie-3.jpg

Le Wubixing

Pour ceux qui suivent encore, les Chinois nous ont concocté une autre méthode de saisie sur clavier, plus difficile encore à capter pour qui ne sait pas écrire les idéogrammes chinois. Pour simplifier, disons que les caractères chinois sont composés d'éléments graphiques redondants, dont la catégorie la plus connue est celle des radicaux (bushou), qui permettent de retrouver un caractère dans un dictionnaire. Or il est possible de recenser par zone les éléments graphiques apparaissant dans un caractère, puis de les ressortir dans l'ordre desdites zones à l'aide d'un clavier.

Contrairement à la méthode Wubihua, le Wubixing nécessite plus de cinq touches d'un clavier US QWERTY, relativement proche du clavier vaudois. Piqué quelque part sur le net, voici un clavier Wubixing avec les éléments graphiques correspondants à chaque touche.

Image-6-copie-5.jpg
Attention toutefois, pour les idéogrammes comprenant plus de quatre éléments graphiques, l'utilisateur doit se borner à saisir les trois premiers et le dernier. Exemple avec shu1 (transporter) qui se décompose et se saisit avec la séquence "lwgj" sur le clavier.

lwgj.jpgImage-6ew.jpg

Le traducteur Wubihua-Wubixing-pinyin intégré

Des outils informatiques permettent de traduire chaque idéogramme en code Wubixing (première ligne), Wubihua (deuxième ligne) et pinyin (troisième ligne). Ca aide.

Image-8-copie-1.jpg

Commenter cet article