Tibet envahi - préparatifs (2/2)

Publié le par Vuille

Le Tibet.

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Pour faire court et en se limitant à l’histoire moderne, le Tibet a été reconnu, par la communauté internationale, comme un Etat indépendant depuis 1911. Il avait son drapeau, sa monnaie et son gouvernement. S’il est vrai que le système aristocratique tibétain était profondément inégalitaire à la fin des années 40, des réformes, menées par le 13ème Dalaï Lama, étaient en cours. Et vlan, voilà que la Chine communiste, par son Armée de Libération à la noix, envahit (la version chinoise officielle dit “libère”, évidemment) cet Etat indépendant entre 1949 et 1950, forçant le Dalaï Lama à l’exil à Dharamsala en Inde. Puis la Chine saccage, brûle et pile le Tibet envahi durant la révolution culturelle du Gland Mao, qui a droit, sacrilège suprême, à l’une de ses plus grandes statues aux portes de Lhasa.

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Et nous voici au 21ème siècle. Seulement 2,5 millions en 2006, les touristes, en immense majorité chinois, seront plus de 4 millions à envahir la réserve tibétaine en 2007. Pendant la seule semaine du 1er au 7 mai 2007, 340’000 touristes ont foulé Lhasa, capitale de la "Région autonome du Tibet", dont 93% de Chinois. Cette “seconde invasion” de Chinois, comme l’appelle le 14ème Dalaï Lama, a été rendue possible grâce à la nouvelle ligne ferroviaire culminant à 80% à plus de 4000 mètres d'altitude. Une ligne dont on se plaira à souligner qu’elle s’écroulera dans moins de dix ans, suite à la disparition du permafrost, qui la soutient, sous l'effet du réchauffement climatique.

L’ouverture du Tibet envahi, c’est pour la Chine l’accès facilité à ses réserves d’or et de cuivre. C’est aussi de nouvelles opportunités de travail pour les chômeurs chinois des provinces reculées.

Au programme, donc, beaucoup de beaux paysages, mais surtout beaucoup de faux Tibétains, de faux souvenirs tibétains et de révisionnisme craché par des guides chinois contrôlés par le parti unique et la flicaille omniprésente (qui contrôle l'accès à chaque région de la province). Et l’ombre des vrais Tibétains qui n’osent plus suivre les préceptes de leur guide exilé. Ou alors qui font, à pied, les 1439 kilomètres (à vol d’oiseau) qui séparent Lhasa de Dharamsala.

Pour plus de renseignements critiques sur la situation des Tibétains envahis par les Chinois, téléchargez sous ce lien le rapport établi par l’International Campaign for Tibet “Paradox Lost : How not to be a tourist in Tibet” (en anglais). Euh, dois-je préciser que ce site fait partie des 300'000 sites inaccessibles depuis la Chine ?

Bon, et puis parce que tout n'est jamais noir ou blanc, lisez également la version officielle chinoise des faits.
 

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