De l'importance des tons en procédure civile chinoise

Publié le par Vuille

Il y a peu, l'auteur mâle de ce blog est allé voir dans un tribunal de première instance chinois (un tribunal dont il avait déjà fait les extérieurs avec des manifestants). Lorsque les affaires ne sont pas embarrassantes pour le pouvoir (Hu Jia ou les 3000 Tibétains enfermés depuis les heurts du 14 mars par exemple), on applique le droit en Chine. Les parties ont un avocat et elles peuvent faire valoir leurs moyens de défense.

Dans un procès civil, les parties peuvent notamment répliquer (ce qui veut dire "répondre (par écrit) aux arguments de la partie adverse", en langue vulgaire).

Et c'est là que ça devient drôle. Parce qu'en chinois, répliquer se prononce DaBian, "Da" au deuxième ton (ou accent) et "Bian" au quatrième ton. Le deuxième ton sur "Da" est particulièrement important. Prononcez en audience "Da" au quatrième ton et vous commettez un grave incident procédural. Imaginez un instant un respectable avocat vaudois (appellation contrôlée) sortir en audience "Monsieur le Président, je sollicite un délai pour déféquer".

Par écrit, pas de confusion possible, la première ligne c'est sérieux comme une réplique d'avocat, et la deuxième ligne, bein, c'est la grosse commission (la petite commission se dit XiaoBian).


Des générations d'avocats chinois ont dû faire cet excellent jeu de mots à la revue annuelle du barreau (mouais, quoique, sont plutôt assez sérieux et premier degré par ici).

Ci-dessous, une photo du portique de sécurité du tribunal, puis du signal annonçant devant chaque salle qu'une audience est en cours (l'équivalent du "On Air" pour les tribunaux). Pas osé photographier dans une salle d'audience, sorry. Pour des photos de l'intérieur d'un tribunal intermédiaire, cliquez ici.




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