De l'hypocrisie de la justice (et du droit) en Chine

Publié le par Vuille

En Chine, le décalage entre la théorie des lois et la pratique est d'un vacarme éblouissant. A tel point que chaque participant au cirque judiciaire doit être doté de deux cerveaux qu'il éteint, respectivement allume, lorsqu'il passe du monde idéal des Lois à celui bassement shanghaïen.

J'ai déjà parlé de la grosse farce des libertés inscrites dans la constitution chinoise. Aujourd'hui, j'ai eu droit au tigre de papier de la loi sur les droits d'auteur : en audience, le cirque opposant le producteur d'un film hongkongais (avec le beau Liudehua dedans) au détenteur d'un site internet shanghaïen (www.pps.tv) qui offrait gratuitement, et sans autorisation, ledit film au téléchargement. Blocage du site et dommages-intérêts de 5 millions de yuans à la clé.

En Suisse, je dis pas, une telle affaire mériterait d'être lourdement sanctionnée. Mais en Chine, enfin ! 99% du contenu de www.pps.tv est diffusé sans l'autorisation des auteurs, il y a des milliers d'autres sites chinois qui offrent le même contenu et ici toute la protection cinématographique mondiale est pressée à froid sur DVD sans qu'un seul royalty ne soit jamais reversé (sinon on payerait plus que 1 francs et cinquante centimes au marchand du coin). Moi, j'aurais plaidé l'égalité dans l'illégalité.


Des droits constitutionnels, à la loi sur les droits d'auteurs, en passant par le nouveau droit du travail, ici tout brille comme de belles tranches rouges de Recueil Systématique (dans la forme, le plus beau droit trilingue au monde). Mais faut pas trop gratter la couverture.

Publié dans Boulot

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article