Hu Kou, migrants - Absence de libre circulation des personnes

Publié le par Vuille

La Chine contrôle la mobilité de ses habitants à travers le Hu Kou qui, sauf autorisation officielle spéciale, empêche de s'établir dans un autre endroit que son lieu de naissance. Mais, devant la nécessité de trouver une main-d'oeuvre abondante et bon marché pour construire ses tours, Shanghai délivre également des permis temporaires pour accueillir les migrants venus des campagnes, remplis d'illusions. Les obstacles administratifs sont toutefois très importants et le prix des permis temporaires tellement élevé que, selon certaines sources, plusieurs dizaines de milliers de migrants séjourneraient en toute illégalité à Shanghai, à la merci du moindre contrôle de police.

Ci-dessous les deux premières pages d'un Hu Kou de Shanghai, le plus convoité de la Chine continentale. C'est un document officiel qui doit être présenté lors de chaque démarche administrative, par exemple lorsque je me suis déclaré comme habitant dans ma famille d'accueil le premier mois de mon séjour à Shanghai (voir article du 8 mars 2006).


Dans les rues de Shanghai, on reconnaît tout de suite les migrants des campagnes : mal habillés et poussiéreux, ils ont le teint foncé du travailleur en plein air; ils parlent des dialectes que personne ne comprend; ils se déplacent avec tous leurs biens dans des gros sacs en plastique, souvent en famille avec un bébé à charge; ils dorment n'importe où, les plus chanceux dans les chantiers sur lesquels ils travaillent. Les hommes portent souvent le costume de bureau avec lequel ils sont arrivés à Shanghai en espérant pouvoir travailler ailleurs que sur un chantier comme manoeuvre non qualifié ...


Les migrants font l'objet de mépris de la part de la population résidente qui leur attribue tous les maux, notamment la hausse de la criminalité. J'ai vu de loin la brutalité avec laquelle la police contrôle sans cesse les migrants en les traitant comme du bétail. Un autre jour, j'ai pu constater l'indifférence causée aux auxiliaires du trafic (voir article du 6 mars 2006) par la chute d'une vieille femme migrante à vélo avec toutes ses maigres affaires (des déchets triés qu'elle cherchait à revendre) au beau milieu d'un carrefour archi fréquenté. C'est tout juste pas s'ils demandaient aux véhicules de presser le pas pour écraser tout ça. Sûr qu'ils se seraient comportés différemment si j'avais été la victime du même accident.

Ci-dessous, le logis provisoire d'une famille de migrants dans les vitrines d'un immeuble commercial en construction.


Le Hu Kou pas si mal ? Lisez cet article de vuilleblog qui a mis de l'eau dans son vin (les mauvaises langues diront que c'est sur la pression du bureau politique du quartier pour assurer son retour sain et sauf en Suisse au terme de son séjour à Shanghai).

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