Cherche traducteur chinois-chinois

Publié le par Vuille

Seulement un peu plus de la moitié de la population chinoise maîtrise le mandarin (ou Putonghua). Un chiffre peu réconfortant pour les étrangers qui ont consacré, ou s'apprêtent à consacrer, de longues années à l'apprentissage du chinois officiel.

Ce choc linguistique prend toute son ampleur en mars de chaque année lors de l'Assemblée nationale populaire qui voit affluer vers la capitale 3000 délégués de l'ensemble des régions de la Chine pour jouer au jeu de la grande démocratie (la scène se rejoue également tous les cinq ans à la fin de l'été avec le Congrès national du Parti). Et là, c'est un peu comme lorsque les conseillers nationaux montent à Berne, venant de toute la Suisse avec leurs affreux accents improbables dans le meilleur des cas (je pense ici aux Valaisans) et leur dialecte qui fait peur dans le pire des cas (le grand luxe linguistique de la Suisse).

En Chine, au sein de l'ethnie largement majoritaire les Han (1,15 mia), le mandarin officiel n'est de loin pas parlé par tous; mais les Hans utilisent en principe tous les caractères chinois orthodoxes (certains les écrivant toutefois encore dans leur forme traditionnelle non simplifiée). Ainsi, les Hans de Shanghai (cliquez ici si vous souhaitez les entendre brailler) donnent l'impression d'être tout juste alphabétisés lorsqu'ils s'expriment en chinois officiel devant le plenum de Beijing. Une situation que l'on pourrait comparer à celle du politicien zurichois, fils de riche famille de banquiers, débarquant à Berlin pour une cession parlementaire en bon allemand. Ou à Samuel Schmidt s'exprimant en français, ça marche aussi.

Mais la situation se corse encore avec les ethnies minoritaires.

La minorité Zhuang dans le sud du pays (province de Guanxi), qui compte tout de même 16 millions de membres, a en effet non seulement sa propre langue parlée, mais également sa propre écriture. Les minorités Miao (7,4 millions de personnes), ouïgour (7,2 millions de personnes), Yi (6,6 millions), mongole (4,8 millions), tibétaine (4,6 millions), Buyi (2,5 millions), Dong (2,5 millions), Yao (2 millions), coréenne (1,9 million), Hani (1,25 million), kazakhe (1,1 million) et Dai (1 million) utilisent également une écriture propre ou combinée avec les caractères chinois officiels.

Si en plus de ne pas comprendre ce qui dit son voisin, le délégué de l'Assemblée nationale populaire ne parvient pas à lire ce qu'il écrit, je ne peux qu'imaginer l'intensité des échanges. Et tout le poids politique que doit peser l'Assemblée nationale populaire dans la balance de Beijing. Mais, là encore, je ne suis qu'une mauvaise langue.

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